Il assiste à la cérémonie de Reims, dernière du genre, avec un mélange d’émotion et de scepticisme.
Renvoyé du ministère un an plus tôt, Chateaubriand vient à Reims recevoir l’ordre du Saint-Esprit dans la foule des chevaliers. Les pages écrites sur place, les 26 et 28 mai 1825, sont reproduites dans les Mémoires :
« Le Roi arrive après−demain : il sera sacré dimanche 29 ; je lui verrai mettre sur la tête une couronne à laquelle personne ne pensait en 1814 quand j’élevai la voix. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 5. · Lire le passage
« […] quel rôle m’est réservé au sacre ? celui d’un proscrit. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 5. · Lire le passage
« Le sacre actuel sera la représentation d’un sacre, non un sacre […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 5. · Lire le passage
Il aurait voulu un roi à cheval dans une église nue, prêtant serment à la Charte devant les deux Chambres. La veille du sacre, pendant le Te Deum, il va voir une ruine romaine et se promener seul au bois d’Amour. Il n’y a plus, conclut-il, de sainte ampoule « assez salutaire pour rendre les rois inviolables ».
Le lendemain du sacre, il est reçu chevalier des Ordres :
« A la cérémonie des chevaliers des ordres, je me trouvai à genoux aux pieds du Roi, dans le moment que M. de Villèle prêtait son serment. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 6. · Lire le passage
« Le Roi, ayant eu de la peine à ôter ses gants pour prendre mes mains entre les siennes, m’avait dit en riant : » Chat ganté ne prend point de souris. » […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 6. · Lire le passage

Le cordon est conservé au château de Combourg, dont le panneau dit l’ordre « reçu en 1824 ». Après 1830, il écrit :
« J’ai pourtant été pair de France, ministre, ambassadeur, et j’ai dans une boîte de carton tous les premiers ordres de la chrétienté y compris le Saint−Esprit et la Toison d’or. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIV, chapitre 7. · Lire le passage