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L'Enchanteur 1768—1848

Au sacre de Charles X à Reims

Le sacre de Charles X dans la cathédrale de Reims, 29 mai 1825 (estampe, musée Carnavalet)
Le sacre de Charles X dans la cathédrale de Reims, 29 mai 1825 (estampe, musée Carnavalet) — Anonyme, graveur — Wikimedia Commons (CC0)

Il assiste à la cérémonie de Reims, dernière du genre, avec un mélange d’émotion et de scepticisme.

Renvoyé du ministère un an plus tôt, Chateaubriand vient à Reims recevoir l’ordre du Saint-Esprit dans la foule des chevaliers. Les pages écrites sur place, les 26 et 28 mai 1825, sont reproduites dans les Mémoires :

« Le Roi arrive après−demain : il sera sacré dimanche 29 ; je lui verrai mettre sur la tête une couronne à laquelle personne ne pensait en 1814 quand j’élevai la voix. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 5. · Lire le passage

« […] quel rôle m’est réservé au sacre ? celui d’un proscrit. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 5. · Lire le passage

« Le sacre actuel sera la représentation d’un sacre, non un sacre […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 5. · Lire le passage

Il aurait voulu un roi à cheval dans une église nue, prêtant serment à la Charte devant les deux Chambres. La veille du sacre, pendant le Te Deum, il va voir une ruine romaine et se promener seul au bois d’Amour. Il n’y a plus, conclut-il, de sainte ampoule « assez salutaire pour rendre les rois inviolables ».

Le lendemain du sacre, il est reçu chevalier des Ordres :

« A la cérémonie des chevaliers des ordres, je me trouvai à genoux aux pieds du Roi, dans le moment que M. de Villèle prêtait son serment. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 6. · Lire le passage

« Le Roi, ayant eu de la peine à ôter ses gants pour prendre mes mains entre les siennes, m’avait dit en riant :  » Chat ganté ne prend point de souris.  » […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 6. · Lire le passage

La « plaque sur cordon bleu et médaille de l'ordre du Saint-Esprit » et la « croix de chevalier de la Légion d'honneur » de Chateaubriand, exposées au château de Combourg avec un portrait de lui en pair de France par Pierre-Louis Delaval (1828). Le panneau du château dit le Saint-Esprit « reçu en 1824 » et la Légion d'honneur « reçu en 1820 » ; les Mémoires racontent sa réception de chevalier des Ordres à Reims, le lendemain du sacre de Charles X (mai 1825)
La « plaque sur cordon bleu et médaille de l'ordre du Saint-Esprit » et la « croix de chevalier de la Légion d'honneur » de Chateaubriand, exposées au château de Combourg avec un portrait de lui en pair de France par Pierre-Louis Delaval (1828). Le panneau du château dit le Saint-Esprit « reçu en 1824 » et la Légion d'honneur « reçu en 1820 » ; les Mémoires racontent sa réception de chevalier des Ordres à Reims, le lendemain du sacre de Charles X (mai 1825) — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026

Le cordon est conservé au château de Combourg, dont le panneau dit l’ordre « reçu en 1824 ». Après 1830, il écrit :

« J’ai pourtant été pair de France, ministre, ambassadeur, et j’ai dans une boîte de carton tous les premiers ordres de la chrétienté y compris le Saint−Esprit et la Toison d’or. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIV, chapitre 7. · Lire le passage

Son monde ce jour-là

Âge 56 ans 8 mois, 25 jours
Régime Seconde Restauration 08.VII.1815 → 29.VII.1830
Chef de l'État Charles X, roi de France 16.IX.1824 → 02.VIII.1830
Où il vit En voyage
Fonctions
Relations

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