Date de la lettre de Chateaubriand à Fontanes (8 vendémiaire an X) ; la visite elle-même est de la fin de septembre.
Antoine Roux de Laborie, associé des frères Bertin au Journal des Débats et employé aux Relations extérieures, est soupçonné d’avoir livré des secrets d’État à l’Angleterre ; privé de son emploi et menacé d’exil, il se cache quelques jours à Courte-Rente. Les Mémoires s’en souviennent :
« Un soir, nous vîmes dans notre retraite quelqu’un entrer à la dérobée par une fenêtre et sortir par une autre : c’était M. Laborie ; il se sauvait des serres de Bonaparte. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 8. · Lire le passage
Le 30 septembre 1801, Chateaubriand demande à Fontanes d’intervenir auprès de « la grande puissance » pour qu’on laisse Laborie respirer l’air de Paris, et de lui répondre chez « madame Beaumont » à Savigny. Laborie passe à l’étranger et ne rentre qu’à la fin de 1804 (Léon Risch, « Chateaubriand à Savigny-sur-Orge », Revue de l’histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, 1931). Chateaubriand le retrouve à Gand en 1815 :
« […] je l’avais rencontré pour la première fois à Savigny, lorsque, fuyant Bonaparte, il entra par une fenêtre chez madame de Beaumont, et se sauva par une autre. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIII, chapitre 5. · Lire le passage