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L'Enchanteur 1768—1848
Vue du port de Brest sous Louis XVI

Lieux

Brest

Brest

Il y prépare le concours de garde de la marine (1783), sans s’y présenter.

En bref

LogementEn pension rue de Siam, « à une table d’hôte d’aspirants ».
OccupationDébut de 1783 – été 1783 (il revient à Combourg sans avoir obtenu son brevet).
Avec quiSeul ; son oncle (cousin germain de sa mère) le comte Ravenel du Boisteilleul, capitaine de vaisseau, le présente au commandant de la marine, le comte Hector. Il y retrouve Gesril ; il voit partir La Pérouse.
Situation« Soupirant » : son brevet d’aspirant garde de la marine n’est pas arrivé ; il est exempt d’études régulières (maîtres d’escrime, de dessin, de mathématiques).
Une lettre de 1783Lettre datée de Brest, 13 mars 1783, adressée à son père (signature illisible), conservée en 1948 au château de Combourg : l’enfant « travaille bien », on attend sa lettre d’aspirant (catalogue de l’exposition de la Bibliothèque nationale, 1948, n° 29).
CertitudeCertain (Mémoires, livre II, chapitre 8). Grade de Boisteilleul rectifié par Biré (capitaine de vaisseau, non chef d’escadre).

Le lieu

Port militaire de la pointe du Finistère, au fond d’une rade immense fermée par le goulet ; l’arsenal s’étire le long de la Penfeld.

Histoire

Principal port de guerre du royaume sur l’Atlantique, Brest arme dans les années 1780 les escadres de la guerre d’Indépendance américaine. C’est là que le jeune Chateaubriand doit devenir garde de la marine. Envoyé à Brest pour l’examen de garde de la marine, Chateaubriand a pour mentor son oncle maternel, le comte Ravenel de Boisteilleul, chef d’escadre. Son brevet d’aspirant n’est pas arrivé : il reste « soupirant », exempt d’études régulières, et passe son temps seul sur le port, rue de Siam et quai de Recouvrance. L’épisode se solde par un renoncement à la marine, qu’il raconte comme sa première « escapade ».

La rue de Siam

« Mon oncle me mit en pension dans la rue de Siam, à une table d’hôte d’aspirants, et me présenta au commandant de la marine, le comte Hector. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre II, chapitre 8. · Lire le passage

« Ma société habituelle se réduisit à mes maîtres d’escrime, de dessin et de mathématiques. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre II, chapitre 8. · Lire le passage

Biré (tome I) identifie l’oncle : Jean-Baptiste-Joseph-Eugène de Ravenel du Boisteilleul (1738-1815), cousin germain de la mère de Chateaubriand, capitaine de vaisseau depuis 1779, retiré du service avec rang de brigadier des armées navales (et non de chef d’escadre).

Ce qu’il en écrit

« Après le mariage de Julie, je partis pour Brest. En quittant le grand collège de Rennes, je ne sentis point le regret que j’éprouvai en sortant du petit collège de Dol […] »

Mémoires d’outre-tombe, livre II, chapitre 8. · Lire le passage

« Abandonné à moi-même pour la première fois, au lieu de me lier avec mes futurs camarades, je me renfermai dans mon instinct solitaire. »

Mémoires d’outre-tombe, livre II, chapitre 8. · Lire le passage

« Cette mer que je devais rencontrer sur tant de rivages baignait à Brest l’extrémité de la péninsule Armoricaine : après ce cap avancé, il n’y avait plus rien qu’un océan sans bornes et des mondes inconnus […] »

Mémoires d’outre-tombe, livre II, chapitre 8. · Lire le passage

« Souvent, assis sur quelque mât qui gisait le long du quai de Recouvrance, je regardais les mouvements de la foule […] »

Mémoires d’outre-tombe, livre II, chapitre 8. · Lire le passage

Sources et documents

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre II, chapitre 8
Mémoires d’outre-tombe, nouvelle édition avec une introduction, des notes et des appendices par Edmond Biré, Paris, Garnier, 6 vol. (1898-1900, rééd. 1910) (lire sur le site · Internet Archive)
Chateaubriand, 1768-1848. Exposition du centenaire, Paris, Bibliothèque nationale, 1948 (catalogue ; faits seulement) (lire en ligne)

Quand il y vécut ou séjourna

  • Brest janvier 1783 – juin 1783

Dans le journal

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