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L'Enchanteur 1768—1848
Aline Le Peletier de Rosanbo, comtesse de Combourg, épouse de Jean-Baptiste de Chateaubriand (portrait conservé au château de Combourg)

Personnes

Aline de Rosambo

1771 – 22 avril 1794 ·

Petite-fille de Malesherbes, épouse de Jean-Baptiste de Chateaubriand, guillotinée avec son mari, sa mère et son grand-père le 22 avril 1794.

En bref

Naissance1771
MortGuillotinée à Paris le 22 avril 1794, avec son mari Jean-Baptiste et son grand-père Malesherbes.
LienBelle-sœur : petite-fille de Malesherbes, épouse de Jean-Baptiste de Chateaubriand (« mademoiselle de Rosambo »).
RencontreParis, 1787-1789, chez le président de Rosambo, rue de Bondy, puis chez Malesherbes.
Dans les Mémoires9 mentions (relevé automatique) : livres IV (7, 13) ; IX (6, 7, 15) ; X (8) ; XXXVIII (1) ; XLIII (9).

Une petite-fille de Malesherbes

« Le président de Rosambo avait également trois filles, mesdames de Chateaubriand, d’Aulnay, de Tocqueville, et un fils dont l’esprit brillant s’est recouvert de la perfection chrétienne. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IV, chapitre 13. · Lire le passage

« M. de Malesherbes avait trois filles, mesdames de Rosambo, d’Aulnay, de Montboissier : il aimait de préférence madame de Rosambo, à cause de la ressemblance de ses opinions avec les siennes. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IV, chapitre 13. · Lire le passage

Malesherbes, portrait par Jean Valade
Malesherbes, portrait par Jean Valade — Jean Valade — Wikimedia Commons (Public domain)

Le mariage et les enfants (1787-1792)

Elle épouse en 1787 Jean-Baptiste de Chateaubriand, le frère aîné de l’écrivain. Leur second fils, Christian, naît le 27 avril 1791 (Potier de Courcy, cité par Collas, 1919 ; en décembre 1793, Louis et Christian ont trois et deux ans) ; les Mémoires placent la naissance au printemps de 1792 :

« Ces conversations entre moi et l’illustre défenseur du Roi avaient lieu chez ma belle-soeur : elle venait d’accoucher d’un second fils, dont M. de Malesherbes fut parrain, et auquel il donna son nom, Christian. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IX, chapitre 6. · Lire le passage

« J’assistai au baptême de cet enfant, qui ne devait voir son père et sa mère qu’à l’âge où la vie n’a point de souvenir, et apparaît de loin comme un songe immémorable. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IX, chapitre 6. · Lire le passage

« Nous passâmes le 14 dans les jardins de Tivoli, avec la famille de Rosambo, mes soeurs et ma femme. »

14 juillet 1792 : Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IX, chapitre 6. · Lire le passage

Les prisons (décembre 1793 – avril 1794)

D’après Collas (1953) : arrêtée à Malesherbes le 18 décembre 1793, Aline est enfermée avec ses sœurs aux Anglaises de la rue de Charenton, puis réunie aux siens à Port-Libre en janvier 1794 ; les Mémoires la disent « emprisonnée au Luxembourg ». Les lettres saisies chez elle, presque jamais signées, dont une série de la duchesse de Saulx-Tavannes, montrent qu’elle désapprouvait l’émigration ; elle est pourtant condamnée comme émigrée rentrée. Le 7 avril, interrogée sur des lettres non signées trouvées sur une cheminée, elle les reconnaît pour siennes, en faisant observer qu’elles n’ont jamais été envoyées. Sur l’échafaud, elle embrasse sa mère :

« Courage, maman, dans un instant nous serons réunies. »

Aline de Chateaubriand, 22 avril 1794, d’après le récit publié par Collas (1953).

L’échafaud (22 avril 1794)

Arrêtée avec les siens, elle meurt le même jour que son mari, sa mère et son grand-père :

« L’exécuteur des jugements criminels ne fera faute de se rendre à la maison de justice de la Conciergerie, pour y mettre à exécution le jugement qui condamne Mousset, d’Esprémenil, Chapelier, Thouret, Hell, Lanmoignon Malsherbes, la femme Lepelletier Rosambo, Chateau Brian et sa femme […] »

ordre du tribunal révolutionnaire signé de Fouquier-Tinville, 3 floréal an II, cité dans Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 8. · Lire le passage

Une trentaine d’années plus tard, son alliance revient à son beau-frère :

« Il y a deux ans que l’anneau de mariage de ma belle-soeur fut ramassé dans le ruisseau de la rue Cassette ; on me l’apporta ; il était brisé ; les deux cerceaux de l’alliance étaient ouverts et pendaient enlacés l’un à l’autre ; les noms s’y lisaient parfaitement gravés. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 8. · Lire le passage

« La victime, emprisonnée au Luxembourg, avait-elle passé par la rue Cassette en allant au supplice ? »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 8. · Lire le passage

Sources et documents

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres IV (13), IX (6), X (8)
Georges Collas, « Dans les prisons de la Terreur », Annales de Bretagne, t. 60, 1953, p. 5-47 (faits seulement ; pièces d’archives citées) (lire en ligne)
Georges Collas, « La jeunesse de Chateaubriand à Fougères et à Paris (1786-1791) », Annales de Bretagne, 1919 (lire en ligne)
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres IV et IX

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