Dernier livre publié de son vivant ; documentation à la Trappe en janvier 1841.
Genèse
C’est une commande de conscience : dans l’avertissement, Chateaubriand dit avoir écrit l’histoire de Rancé pour obéir au directeur de sa vie, l’abbé Séguin, qui lui en parlait souvent et pour qui il avait « une répugnance naturelle ». Il fait de ce livre sa seconde dédicace, après celle à Napoléon.
L’œuvre
La vie d’Armand-Jean de Rancé, libertin du Grand Siècle devenu le réformateur austère de la Trappe. Le livre est aussi une méditation sur la vieillesse, la mort et l’amour perdu ; Marcelle de Castellane y emprunte les traits de Cordélia.
Réception
Sainte-Beuve salue le livre le 15 mai 1844, sans le juger, et fait des réserves dans la Revue suisse du mois suivant (Latreille). Le critique, écrit-il :
« quand il s’agit de M. de Chateaubriand, n’en est plus un »
Sainte-Beuve, cité par Latreille, Chateaubriand · Lire le passage
Collombet relève les « étrangetés » du style, en partie corrigées à la seconde édition, et conclut :
« la Vie de Rancé est une erreur de l’illustre vieillard »
Collombet, Chateaubriand, sa vie et ses écrits · Lire le passage
Marcellus y voit l’endroit où les abus de style de sa vieillesse sont les plus sensibles. Le livre sera admiré au XXe siècle : Roland Barthes l’a préfacé en 1965.
Textes en ligne
Texte en ligne : Vie de Rancé ; avertissement de la première édition.
Extraits
« […] sa pâleur, étendue comme une première couche sous la blancheur de son teint, lui donnait un caractère de passion. À travers ce double lis transpiraient à peine les roses de la jeune fille. Elle avait de longs yeux bleus, héritage de sa mère. »
Livre premier : le portrait de Marcelle de Castellane, où l’on reconnaît Cordélia de Castellane (Wikisource). · Lire le passage
« C’est pour obéir aux ordres du directeur de ma vie que j’ai écrit l’histoire de l’abbé de Rancé. »
Avertissement de la première édition (Wikisource). · Lire le passage
« Je n’ai fait que deux dédicaces dans ma vie : l’une à Napoléon, l’autre à l’abbé Séguin. »
Avertissement de la première édition (Wikisource). · Lire le passage
