Début du livre (suite 3)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Sceaux, 1911, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
Est-ce diminuer Chateaubriand que d'accoler à son nom l'étiquette d'hystérique ? Nullement. C'est désigner simplement par un mot plus précis un caractère dont le manque d'équilibre est notoire. Ce n'est pas non plus le placer, à coup sûr, en mauvaise compagnie. Certes, c'est un monde un peu mêlé que celui des hystériques ; cependant il ne s'y trouve pas que des gredins. Que de grands écrivains, que de grands artistes furent touchés par la psychose, aux modalités si multiples ! Que de grands saints, dont la vie ne témoigne pas du bon sens le plus rassis, furent effleurés par elle, et lui empruntèrent, au passage, ce qu'elle a parfois d'exquis !
Une tête du xvie siècle était, avant tout, pleine d'abstractions et d'idées (1). Chateaubriand, chose singulière alors par sa nouveauté, fut surtout une tête du moyen âge, pleine de sensations et d'images (2). Le vvm° siècle avait pensé ; lui, sentait. Cela étonna et charma ; il avait ouvert la voie où le romantisme devait faire éclater ses fanfares et tirer ses feux d'artifice. Heureuse psychose !
le défendrons ; non coupable, nous le consolerons. ». Cet analyste penetrant estimait avec raison qu'il fallait d'abord être sévère pour l'ami. quitte, en fin de compte, à tempérer la sévérité par beaucoup d'indul-