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L'Enchanteur 1768—1848
Un dernier amour de René XLII. Chateaubriand → Mme de V…, 2 septembre 1828, Paris

Correspondance de Chateaubriand avec la marquise de V…

XLII. Chateaubriand → Mme de V…, 2 septembre 1828, Paris

Un dernier amour de René · 1 min de lecture · p. 151 · chapitre 47 sur 80

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris Perrin, 1903, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Paris, ce 2 septembre 1828..

J'ai déjà reconnu que mon inconnue était susceptible et un peu capricieuse. Qu'importe ! elle n'en est pas moins digne de tout mon attachement. Je lui écris, encore assez malade et au milieu des préparatifs de mon départ, qui aura lieu du 8 au 10 de ce mois. Elle se plaît à me dire qu'elle viendra à Paris quand je n'y serai plus ; cela n'est pas bien. Moi, je la chercherai, quoi qu'elle en pense et en dise, aux lieux où elle sera, et je la trouverai, et je la verrai malgré elle. Je n'ai point de portrait que je puisse laisser. Ma gravure fait une affreuse grimace ; mais, si Marie veut me voir tel que j'étais il y a vingt ans, elle trouvera l'admirable portrait de Girodet dans mon ermitage; elle pourra demander à le voir dans ma petite maison, après avoir vu la Sainte Thérèse à la chapelle de l'infirmerie; et, si elle me veut voir tel que je suis aujourd'hui, le sculpteur David1 vient de faire de moi un buste très beau et très ressemblant.

1. David d'Angers. ↩

Je vous écrirai encore avant de quitter Paris. Je vous écrirai de Rome, mais où? M'écrirez-vous aussi à Rome? Il faudra affranchir les lettres ; elles mettent dix à douze jours en route, et sont lues trois ou quatre fois, chemin faisant; ne vous effrayez paset écrivez toujours! J'attends encore une lettre de vous, ici, avant de partir.

Marie est un grand charme dans ma vie; je ne voudrais pas être un tourment pour elle.