La machine infernale de Fieschi manque Louis-Philippe sur le boulevard du Temple ; il l’apprend par un cocher de fiacre.
« Vous voyez que je suis chanceux: j’arrive en 1830 aux journées qui voient tomber la branche aînée; j’arrive en 1835 aux journées qui ont pensé voir disparaître la branche cadette. »
Chateaubriand à Mme Récamier, Paris, 29 juillet 1835 (lire sur le site). · Lire le passage
La lettre
Paris, 29 juillet 1835
Je ne devais vous écrire que demain, mais je veux vous dire aujourd’hui que, dans mon faubourg, je n’ai appris l’événement dont les journaux vous ont donné la nouvelle, que par un cocher de fiacre. Vous voyez que je suis chanceux: j’arrive en 1830 aux journées qui voient tomber la branche aînée; j’arrive en 1835 aux journées qui ont pensé voir disparaître la branche cadette. Le mal de cela, outre le crime, est de rendre incertaine à tous les yeux l’existence de la monarchie nouvelle, et de porter peut-être le gouvernement à des mesures contre la liberté; et par ces mesures mêmes, il augmentera son péril. Après ce petit mot de nouvelles, je n’ai plus qu’à vous dire que je vous regrette, vous, la mer et votre solitude.
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, t. II, 1859 (lire sur le site) · Lire le passage