Le chancelier autrichien, maître du système européen, que Chateaubriand affronte à Vérone et dont il critique la politique dans le Congrès de Vérone.
En bref
| Naissance | 15 mai 1773 — Coblence |
|---|---|
| Mort | 11 juin 1859 — Vienne |
| Sépulture | tombeau des Metternich |
| Rencontres | Vérone, 1822 (« Personne ne se souvient des discours que nous tenions autour de la table du prince de Metternich », livre XXXIX, chapitre 3). |
| Dans les Mémoires | 21 mentions (relevé automatique) : livres XXIII (11, 12) ; XXVII (3) ; XXVIII (1, 3, 13) ; XXIX (13) ; XXX (6) ; XXXI (8) ; XXXII (10) ; XXXIII (10) ; XXXVI (12) ; XXXVII (3, 9) ; XXXVIII (1, 5) ; XXXIX (3) ; XL (6, 7) ; XLII (8). |
| Référence | Wikidata Q45662 |
| Correspondance | 4 lettres dans la Correspondance (4 écrites). |
Le chancelier
Klemens von Metternich (1773-1859), ministre des Affaires étrangères puis chancelier d’Autriche, est l’adversaire de Chateaubriand dans toutes ses années diplomatiques. Pendant les Cent-Jours déjà, ses agents négocient à Bâle avec ceux de Fouché :
« […] abdication manigancée à Bâle entre les agents de Fouché et du prince Metternich : il n’y eut rien qu’une ridicule attrape politique. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIII, chapitre 12. · Lire le passage
Vérone, 1822
« Le prince de Metternich, feignant d’être russe en détestant la Russie, hâblait sur la guerre sans la vouloir : il craignait en Espagne nos succès pour la force qu’ils rendraient à nos armes, nos revers pour l’activité qu’ils ajouteraient à l’esprit révolutionnaire. »
Chateaubriand, Congrès de Vérone, 1838. · Lire le passage
« M. de Metternich surtout se montra fort gracieux; et, dans une conversation, il s’ouvrit à nous sur la crainte que lui inspirait la guerre d’Espagne […] »
Chateaubriand, Congrès de Vérone, 1838. · Lire le passage
« Je sais combien il craint les journaux ; je l’ai vu à Vérone quitter les affaires les plus importantes, s’enfermer tout éperdu avec M. de Gentz, pour brocher un article en réponse au Constitutionnel, et aux Débats. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXVI, chapitre 10. · Lire le passage
« Personne ne se souvient des discours que nous tenions autour de la table du prince de Metternich ; mais, ô puissance du génie ! aucun voyageur n’entendra jamais chanter l’alouette dans les champs de Vérone sans se rappeler Shakespeare. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIX, chapitre 3. · Lire le passage
Le ministre de la guerre d’Espagne, 1823-1824
« J’avais devant moi une France ennemie des Bourbons et deux grands ministres étrangers, le prince de Metternich et M. Canning. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 1. · Lire le passage
« A la table où elle me fit jouer, elle plaça comme adversaires les deux premiers ministres du jour, le prince de Metternich et M. Canning ; je gagnai contre eux la partie. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIII, chapitre 10. · Lire le passage
Renvoyé du ministère le 6 juin 1824, il écrit à l’ambassadeur à Vienne :
« Il est probable que ma destitution fera grand plaisir à M. de Metternich pendant une quinzaine de jours. »
Chateaubriand au marquis de Caraman, 22 juin 1824, Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 3. · Lire le passage
L’Orient et Rome, 1828-1829
« […] ce qu’il y a de singulier, c’est que le prince de Metternich se montra moins opposé à l’esprit de ma Note que M. Canning. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIX, chapitre 13 (Note sur les affaires d’Orient). · Lire le passage
Au conclave de 1829, l’Autriche pousse le cardinal Albani, qui devient secrétaire d’État de Pie VIII (voir la fiche de Pie VIII) ; l’ambassadeur écrit à Paris :
« Ainsi, que le cardinal Albani ait une pension du prince de Metternich ; qu’il soit le parent du duc de Modène […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXX, chapitre 6. · Lire le passage
Juillet 1830
« M. de Metternich témoigna une joie indicible. Bientôt, ayant appris la vérité, ce dernier fut aussi consterné qu’il avait été ravi : il déclara qu’il s’était trompé, que l’opinion était décidément libérale […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXI, chapitre 8. · Lire le passage
La frontière de Bohême, 1833
En mai 1833, en route pour Prague, Chateaubriand est arrêté à Waldmünchen faute de visa autrichien :
« Je suis connu personnellement de votre souverain et du prince de Metternich. − Vous ne passerez pas. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXVI, chapitre 9. · Lire le passage
« Ce petit incident peut plaire et déplaire tout à la fois au prince de Metternich. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXVI, chapitre 10. · Lire le passage
La légende de la Vallée-aux-Loups
« On racontait à Vienne, il y a deux ou trois lustres, que je vivais tout seul dans une certaine vallée appelée la Vallée−aux−Loups. Ma maison était bâtie dans une île : lorsqu’on voulait me voir, il fallait sonner du cor au bord opposé de la rivière. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXVIII, chapitre 8. · Lire le passage
« […] cette histoire de Vienne m’a toujours charmé : M. de Metternich ne l’a pas sans doute inventée ; il n’est pas assez mon ami pour cela. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXVIII, chapitre 8. · Lire le passage
Sources et documents
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres XXIII (11, 12), XXVIII (1, 3, 13), XXIX (13), XXX (6), XXXI (8), XXXIII (10), XXXVI (9-12), XXXVIII (8), XXXIX (3)
Chateaubriand, Congrès de Vérone, 1838 (lire en ligne)
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres XXVIII et XXXIX
