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L'Enchanteur 1768—1848
Henriette Picault, vicomtesse de Belloy, puis baronne Malouet : portrait anonyme (huile sur toile), exposé à la Bibliothèque nationale en 1948 (n° 138), alors au colonel de Corbiac

Personnes

Vicomtesse de Belloy

1769 – 1838 ·

Henriette Picault, née à Saint-Domingue en 1769, fille d’un riche colon, vicomtesse de Belloy par un mariage de 1789, émigrée à Londres. Chateaubriand la rencontre chez Mme Lindsay, aux côtés de Malouet, qu’elle épousera en 1808 : « femme digne d’attachement », disent les Mémoires, qui taisent la liaison nouée avec elle vers 1797-1799. Elle meurt en 1838.

En bref

Naissance1769, à Saint-Domingue ; fille d’un riche colon (dictionnaire de la Cour des comptes ; catalogue de 1948 pour les années de vie).
Mort1838, à Courbiac (Lot-et-Garonne), selon le dictionnaire de la Cour des comptes.
Premier mariageEn 1789, à Mazières-de-Touraine, avec le vicomte de Belloy de Morangle (né en 1752) ; divorcée en 1794 (dictionnaire de la Cour des comptes). Les Mémoires de Malouet (éd. 1874) la disent au contraire « veuve d’un neveu » de Mgr de Belloy, archevêque de Paris.
Second mariageAvec Pierre-Victor Malouet (1740-1814), ancien député de l’Assemblée constituante, futur ministre de la Marine de Louis XVIII : le 8 mars 1808 à Paris selon le dictionnaire de la Cour des comptes, en 1810 selon une note des Mémoires de Malouet. Elle devient baronne Malouet.
LienDame de l’émigration à Londres, compagne de Malouet ; liaison avec Chateaubriand, que les Mémoires taisent.
À LondresÉmigrée dès 1792 : pendant la maladie nerveuse de Malouet, avant le procès de Louis XVI, elle lui prodigue « les soins les plus touchants » (Mémoires de Malouet).
RencontreLondres, dans le salon de Mme Lindsay, où le conduit Christian de Lamoignon : « M. Malouët et madame du Belloy, femme digne d’attachement ».
LiaisonVers 1797, terminée « dans les orages » au retour de l’émigration, selon le catalogue de 1948 (d’après les Souvenirs de Molé et « Le Secret d’Atala » d’A. Gavoty, 1948, non consultés) ; en 1798-1799, selon le dictionnaire de la Cour des comptes.
PortraitHuile anonyme, exposée à la Bibliothèque nationale en 1948 (n° 138), alors au colonel de Corbiac.
CertitudeIdentité et mariages : certains, dates divergentes (signalées) ; liaison : attestée par deux ouvrages modernes, sur des sources non consultées ici.
Dans les Mémoires1 mention (relevé automatique) : livres XI (2).

Une créole de Saint-Domingue (1769-1792)

Henriette Picault naît à Saint-Domingue en 1769, fille d’un riche colon. En 1789, à Mazières-de-Touraine, elle épouse le vicomte de Belloy de Morangle, né en 1752 ; ils divorcent en 1794 (dictionnaire biographique de la Cour des comptes, notice « Malouet, Louis Antoine Victor, baron »).

Le clocher de l'église de Mazières-de-Touraine, où elle épousa le vicomte de Belloy en 1789 (dictionnaire de la Cour des comptes)
Le clocher de l'église de Mazières-de-Touraine, où elle épousa le vicomte de Belloy en 1789 (dictionnaire de la Cour des comptes) — Bigorneau Masqué — Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Les Mémoires de Malouet, publiés par son petit-fils, la disent veuve, et alliée à l’archevêque de Paris :

« Madame de Belloy, que Malouet épousa en 1810, était veuve d’un neveu du prélat. »

Pierre-Victor Malouet, Mémoires, publiés par son petit-fils, 2e éd., 1874, t. I, note.

Médaille de Jean-Baptiste de Belloy, archevêque de Paris (1801), cardinal (1805) : les Mémoires de Malouet font de son premier mari un neveu du prélat
Médaille de Jean-Baptiste de Belloy, archevêque de Paris (1801), cardinal (1805) : les Mémoires de Malouet font de son premier mari un neveu du prélat — Anonyme, graveur en médailles - Médailleur — Wikimedia Commons (CC0)

Londres, 1792 : auprès de Malouet

Ancien député de la Constituante, Malouet émigre à Londres en 1792. Malade, il est soigné par elle :

« […] je reçus les soins les plus touchants de madame de Belloy, émigrée comme moi, et dont le généreux dévouement mérita toute ma reconnaissance et mon attachement […] »

Pierre-Victor Malouet, Mémoires, publiés par son petit-fils, 2e éd., 1874, t. II, p. 267.

« Le procès du roi me rendit l’énergie de la douleur […] »

Pierre-Victor Malouet, Mémoires, publiés par son petit-fils, 2e éd., 1874, t. II, p. 267.

Une note de l’éditeur précise : « Madame de Belloy, devenue plus tard madame Malouet ».

François Voyez d'après Olivier Perrin, Pierre-Victor Malouet, député à l'Assemblée nationale de 1789 (musée Carnavalet) : son second mari
François Voyez d'après Olivier Perrin, Pierre-Victor Malouet, député à l'Assemblée nationale de 1789 (musée Carnavalet) : son second mari — Voyez, François (Abbeville, 1746 - Paris, 1805), graveur — Wikimedia Commons (CC0)

Chez Mme Lindsay (vers 1797)

De logement en logement, Chateaubriand passe de « la pauvre émigration de l’est » à « la riche émigration de l’ouest ». Christian de Lamoignon le conduit chez Mme Lindsay :

« Madame Lindsay, Irlandaise d’origine, d’un esprit un peu sec, d’une humeur un peu cassante, élégante de taille, agréable de figure, avait de la noblesse d’âme et de l’élévation de caractère : les émigrés de mérite passaient la soirée au foyer de la dernière des Ninon. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 2. · Lire le passage

« Je rencontrai à ce rendez-vous M. Malouët et madame du Belloy, femme digne d’attachement, le comte de Montlosier et le chevalier de Panat. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 2. · Lire le passage

C’est tout ce qu’en disent les Mémoires.

Une liaison que les Mémoires taisent (vers 1797-1800)

Henriette Picault, vicomtesse de Belloy, puis baronne Malouet : portrait anonyme (huile sur toile), exposé à la Bibliothèque nationale en 1948 (n° 138), alors au colonel de Corbiac
Henriette Picault, vicomtesse de Belloy, puis baronne Malouet : portrait anonyme (huile sur toile), exposé à la Bibliothèque nationale en 1948 (n° 138), alors au colonel de Corbiac — Auteur inconnu — collection particulière, via Wikimedia Commons (domaine public)

Le catalogue de l’exposition du centenaire (Bibliothèque nationale, 1948), qui présentait son portrait, alors au colonel de Corbiac, affirme qu’une liaison se noua entre eux vers 1797 et se termina « dans les orages » au retour de l’émigration ; il renvoie aux Souvenirs d’un témoin de la Révolution et de l’Empire de Molé (Genève, 1943) et à l’article d’André Gavoty, « Le Secret d’Atala » (La Revue, mai 1948). Le dictionnaire de la Cour des comptes la date de 1798-1799. Aucune lettre n’en est connue ; les mémoires de Molé publiés en 1922 (trois premiers volumes consultés) ne la nomment pas.

En mai 1800, c’est Mme Lindsay qui ramène Chateaubriand en France :

« Madame Lindsay et son parent Auguste de Lamoignon l’amenèrent à Paris, et Madame Lindsay L’installa d’abord dans un petit hôtel des Ternes, voisin de sa demeure. »

Émile Chédieu de Robethon, Chateaubriand et Madame de Custine, 1893. · Lire le passage

Baronne Malouet (1808-1814)

Elle épouse Malouet le 8 mars 1808 à Paris selon la Cour des comptes, en 1810 selon la note des Mémoires de Malouet. À la Restauration, il devient ministre de la Marine :

« M. Malouët entra à la marine ; il décéda et fut remplacé par M. Beugnot […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXII, chapitre 24. · Lire le passage

« […] il mourut à la tâche, le 7 septembre 1814. »

Edmond Biré, note des Mémoires d’outre-tombe, t. II. · Lire le passage

Courbiac (1838)

Elle meurt en 1838 à Courbiac, en Lot-et-Garonne (Cour des comptes). En 1948, son portrait appartenait encore au colonel de Corbiac (catalogue de l’exposition Chateaubriand de la Bibliothèque nationale, 1948, n° 138).

Divergences entre les sources

Premier mari : vicomte de Belloy de Morangle, divorcé en 1794 (Cour des comptes) ; « veuve d’un neveu » de Mgr de Belloy (note des Mémoires de Malouet). Second mariage : 8 mars 1808 (Cour des comptes) ou 1810 (même note). Nom : « madame du Belloy » dans les Mémoires de Chateaubriand. Liaison : vers 1797 et jusqu’au retour d’émigration (catalogue de 1948), 1798-1799 (Cour des comptes) ; sources premières citées (Molé, 1943) non consultées.

Sources et documents

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 2 ; livre XXII, chapitre 24
Mémoires de Malouet, publiés par son petit-fils le baron Malouet, 2e éd., Plon, 1874, t. I, p. 205 (note) et t. II, p. 267 (lire en ligne)
« Malouet, Louis Antoine Victor, baron », Dictionnaire historique, généalogique et biographique (1807-1947), Cour des comptes (faits seulement) (lire en ligne)
Chateaubriand, 1768-1848. Exposition du centenaire, Bibliothèque nationale, 1948, n° 138 (faits seulement) (lire en ligne)
Le comte Molé, 1781-1855 : sa vie, ses mémoires, éd. du marquis de Noailles, 1922, t. I à III (consultés : elle n’y est pas nommée) (lire en ligne)

Périodes

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