Tombe face à la mer, sans nom, surmontée d’une croix. Accessible à marée basse.
En bref
| Emplacement | Pointe occidentale de l’îlot du Grand Bé, face à Saint-Malo ; accessible à pied à marée basse. |
|---|---|
| La demande | Août 1828 : il demande au maire, M. de Bizien, « un petit coin de terre tout juste suffisant pour contenir son cercueil » ; l’affaire reste en suspens. 1831 : sur l’initiative d’Hippolyte de La Morvonnais, le conseil municipal décide de demander le terrain à l’État et de payer la tombe ; Chateaubriand répond de Genève au maire, M. Bovius (Biré). |
| Le projet de tombe | Un terrain « de vingt pieds de long sur douze de large », un mur à fleur de terre, une grille de fer basse, un socle de granit de la grève, une petite croix de fer ; « point d’inscription, ni nom, ni date ». |
| Inhumation | 19 juillet 1848. |
| Certitude | Lettre de 1831 publiée par Biré (appendice du tome I) ; dates de 1828 et 1831 d’après lui. |
Le lieu
Îlot rocheux face à la ville close de Saint-Malo, accessible à pied à marée basse depuis la plage de Bon-Secours. La tombe regarde le large, à mi-pente, sous les ruines d’un petit fort.
Histoire
Chateaubriand a demandé ce lieu de sépulture à la ville de Saint-Malo de son vivant. Il y est inhumé le 19 juillet 1848, devant une foule considérable. La tombe ne porte pas de nom : une dalle de granit et une croix.
La lettre de 1831
« Je ne demandais qu’à acheter un morceau de terre de vingt pieds de long sur douze de large, à la pointe occidentale du Grand-Bé. »
Chateaubriand, lettre au maire de Saint-Malo (1831), publiée par Biré. · Lire le passage
« Dans l’intérieur je ne voulais placer qu’un socle de granit taillé dans les rochers de la grève. Ce socle aurait porté une petite croix de fer. Du reste, point d’inscription, ni nom, ni date. La croix dira que l’homme reposant à ses pieds était un chrétien : cela suffira à ma mémoire. »
Chateaubriand, lettre au maire de Saint-Malo (1831), publiée par Biré. · Lire le passage
Ce qu’il en écrit
« Le Grand-Bé, où sera mon tombeau ; j’avais bien choisi sans le savoir : be, en breton, signifie tombe. »
Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 3. · Lire le passage
Ce qu’en ont écrit d’autres
« Il dormira là-dessous, la tête tournée vers la mer ; dans ce sépulcre bâti sur un écueil, son immortalité sera comme fut sa vie, déserte des autres et tout entourée d’orages. »
Gustave Flaubert, Par les champs et par les grèves, voyage en Bretagne de 1847 (Wikisource).
Sources et documents
Mémoires d’outre-tombe, nouvelle édition avec une introduction, des notes et des appendices par Edmond Biré, Paris, Garnier, 6 vol. (1898-1900, rééd. 1910) (lire sur le site · Internet Archive)
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 3






