Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
Lucien Bonaparte, portrait par François-Xavier Fabre

Personnes

Lucien Bonaparte

21 mai 1775 – 29 juin 1840 ·

Frère de Napoléon, ministre de l’Intérieur en 1800, ami de Fontanes ; il courtise Juliette Récamier par lettres.

En bref

Naissance21 mai 1775 — Ajaccio
Mort29 juin 1840 — Viterbe
SépultureCanino
RôleMinistre de l’Intérieur sous le Consulat ; c’est chez lui, en 1802, que le Premier Consul parle à Chateaubriand (Mémoires, livres XIV, chapitre 4, et XVI, chapitre 1).
Dans les Mémoires27 mentions (relevé automatique, approximatif) : livres XIII (7, 10) ; XIV (4) ; XVI (1) ; XIX (5, 9, 18) ; XXIII (13, 18) ; XXIV (11) ; XXXVII (6) ; XLII (7) ; livre « Madame Récamier ».
RéférenceWikidata Q151098
Correspondance2 lettres dans la Correspondance (1 écrite, 1 reçue).

Le frère du Premier Consul

Lucien Bonaparte (1775-1840), président du Conseil des Cinq-Cents au 18 Brumaire, ministre de l’Intérieur du Consulat, puis ambassadeur en Espagne, se brouille avec Napoléon, vit en Italie et devient prince de Canino. Au 18 Brumaire, selon les Mémoires :

« Lucien, président du conseil des Cinq−Cents, donne sa démission pour ne pas mettre Napoléon hors la loi. Il tire son épée et jure de percer le sein de son frère si jamais il essaie de porter atteinte à la liberté. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIX, chapitre 18. · Lire le passage

Le protecteur de 1801

À son retour d’exil, Chateaubriand est présenté par Fontanes, que Lucien emploie au ministère de l’Intérieur (Pailhès) :

« M. de Fontanes était lié avec madame Bacciocchi ; il me présenta à la soeur de Bonaparte, et bientôt au frère du premier consul, Lucien. Celui−ci avait une maison de campagne près de Senlis (le Plessis), où j’étais contraint d’aller dîner ; ce château avait appartenu au cardinal de Bernis. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 7. · Lire le passage

« Lucien avait dans son jardin le tombeau de sa première femme, une dame moitié allemande et moitié espagnole, et le souvenir du poète cardinal. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 7. · Lire le passage

« Cependant j’achevais le Génie du Christianisme : Lucien en désira voir quelques épreuves ; je les lui communiquai ; il mit aux marges des notes assez communes. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 10. · Lire le passage

La fête du Concordat, 1802

C’est chez Lucien que Chateaubriand voit Bonaparte de près pour la première fois :

« Après l’adoption du Concordat par le Corps législatif en 1802, Lucien, ministre de l’intérieur, donna une fête à son frère ; j’y fus invité, comme ayant rallié les forces chrétiennes et les ayant ramenées à la charge. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV, chapitre 4. · Lire le passage

« Bonaparte éleva tout à coup la voix et me dit : « Monsieur de Chateaubriand ! » […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV, chapitre 4. · Lire le passage

« […] je ne l’avais pas revu depuis le moment où il m’avait parlé chez Lucien. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVI, chapitre 1 (mars 1804). · Lire le passage

Le voyage d’Avignon, 1802

En octobre 1802, une contrefaçon du Génie paraît à Avignon. Chateaubriand demande à Lucien, qui s’est déclaré le patron de l’ouvrage, une recommandation pour le préfet de Vaucluse (lettre du 20 vendémiaire an XI, 12 octobre 1802, publiée par Pailhès) :

« On vient de contrefaire à Avignon le Génie du Christianisme. Si je ne veux pas être ruiné totalement, il faut que je parte à l’instant, et dans le plus grand secret, pour faire saisir l’édition. »

Chateaubriand à Lucien Bonaparte, 12 octobre 1802, cité par Pailhès. · Lire le passage

« Je pars pour Avignon, avec des lettres de Lucien, qui me recommande au préfet. »

Chateaubriand à Chênedollé, 15 octobre 1802, cité par Pailhès. · Lire le passage

D’Avignon, il rêve à Fontanes d’un grand voyage descriptif de la France que financerait Lucien :

« […] s’il réussissait, comme il y a quelques raisons de le croire, il rembourserait Lucien de ses frais, en cas qu’il ne voulût pas me les abandonner […] »

Chateaubriand à Fontanes, Avignon, 6 novembre 1802, cité par Pailhès. · Lire le passage

Lucien et Juliette Récamier

En 1799, Lucien courtise Mme Récamier par lettres ; Chateaubriand le raconte d’après le récit de Benjamin Constant :

« Lucien Bonaparte se fit présenter à elle. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre « Madame Récamier » (version de 1839, donnée en appendice). · Lire le passage

« Les lettres de Lucien deviennent plus vraies, plus éloquentes à mesure qu’il devient plus passionné ; on y voit bien toujours l’ambition des ornements, le besoin de se mettre en attitude […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre « Madame Récamier » (version de 1839, donnée en appendice), d’après Benjamin Constant. · Lire le passage

Toulon, Saint-Maximin : un billet douteux

Les Mémoires discutent qui, de Lucien ou de Napoléon, a signé le compte rendu des massacres de Toulon (1793) :

« Ainsi de lamentables doutes restent sur le billet que Lucien ou Napoléon a signé : comment Lucien, n’étant pas représentant de la Convention, se serait−il arrogé le droit de rendre compte du massacre ? »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIX, chapitre 9. · Lire le passage

Les Cent-Jours

« Joseph, accouru de la Suisse ne lui demandait que de l’argent ; Lucien l’inquiétait par ses liaisons libérales […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIII, chapitre 13. · Lire le passage

Après Waterloo, à la Chambre des pairs, le 22 juin 1815 :

« Lucien insistait pour qu’on reconnût son neveu empereur. M. de Pontécoulant interrompit l’orateur, et demanda de quel droit Lucien, étranger et prince romain, se permettait de donner un souverain à la France. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIII, chapitre 18. · Lire le passage

Sources et documents

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres XIII (7, 10), XIV (4), XVI (1), XIX (9, 18), XXIII (13, 18) ; livre « Madame Récamier » (version donnée en appendice)
Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896, chapitres III-IV (lire en ligne)
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres XIV et XVI

Dans le journal

Ajouter un commentaire

Les informations de cette page sont aussi précises que possible, mais des erreurs ont pu s'y glisser. N'hésitez pas à utiliser ce champ pour en signaler une, proposer une source ou démarrer une conversation.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *