Comte Louis de Chateaubriand à Mme Récamier, Paris, le 13 octobre 1848
Madame,
Veuillez me permettre de venir vous entretenir d'une affaire douloureuse, celle de la succession de mon pauvre oncle. La liquidation est au moment de finir. Nos partages sont faits, et chacun va emporter chez soi la part qui lui revient de ce précieux héritage. Le Buste en marbre de mon oncle, sculpté par David, m'a été légué par un article de son testament fait en 1847. Ce Buste, Madame, se trouvant chez vous, je me suis fait un plaisir de vous le laisser jusqu'ici. Mais aujourd'hui, vous le comprendrez, Madame, je dois désirer qu'il suive le sort des autres objets qui composent ma part, et qu'il vienne prendre sa place dans mon sallon, où le réclame avec autant d'empressement que moi, ma famille entière. Seriez-vous assez bonne, Madame, pour me faire dire quand il vous conviendra que je l'envoye chercher.
Veuillez recevoir, Madame, les respectueux hommages avec lesquels je suis Votre très humble et très obéissant serviteur
Cte de Chateaubriand
Paris le 13 octobre 1848.